12.11.2008
Sally Messio à bediong : «La Crtv manque de programmes locaux»
Sally Messio à bediong : «La Crtv manque de programmes locaux»
PROFITANT DES ASSISES DU SÉMINAIRE DE FORMATION DU CIRTEF À YAOUNDÉ, LA DIRECTRICE DES PROGRAMMES DE LA CRTV A BIEN VOULU NOUS EXPLIQUER LA POLITIQUE DES CONTENUS DE LA CHAÎNE PUBLIQUE CAMEROUNAISE.
Quels sont les contenus proposés aujourd’hui par les médias publics des pays africains francophones pour faire face à la concurrence du privé?
Je tiens à préciser que les médias publics ont une obligation à la fois face au gouvernement et face au public. Il faut accompagner l’action du gouvernement en présentant ses actions et ses projets.Le peuple a d’ailleurs besoin de savoir ce que font les dirigeants du pays. Parallèlement, les médias publics doivent donner une information de proximité en permettant aux citoyens de se voir et de s’entendre sur le média pour lequel ils paient une redevance. Enfin, il faut proposer du divertissement. Parlant de concurrence, l’offre des chaînes privées est loin de remplir toutes ces obligations.
Et comment la Crtv résiste-t-elle à la concurrence du privé?
La Crtv s’applique à assurer simplement ses missions en tant que média public. Il y a des programmes d’information comme les journaux. Nous organisons des émissions participatives faites par et pour les citoyens. Ils sont invités pour exprimer leur intelligence. Certes la Crtv ne le fait pas toujours avec bonheur, mais nous travaillons comme nous pouvons, avec les moyens de bord.
Qu’est-ce qui empêche justement la Crtv de remplir avec bonheur ses missions?
La Crtv est un bel immeuble qui cache des problèmes cruciaux. Le matériel est aujourd’hui complètement désuet. Contrairement à nous, les chaînes de télévision privées utilisent un matériel numérique. A la Crtv, il s’est instauré un comportement de fonctionnaire qui ne facilite pas la créativité. Les employés n’ont aucune obligation de résultat. En un mois, je peux rédiger un article ou rien du tout, mais percevoir mon salaire. Conséquence, seule une poignée de personnes travaille.
La Crtv manque de programmes locaux qui se situent aujourd’hui à 50% du contenu global, au lieu de 70% comme le prescrit la réglementation. Nous ne pouvons pas produire à la fois des programmes de flux et ceux de stock. Il faut au Cameroun, comme au Bénin, en Côte d’Ivoire ou au Burkina Faso, des réalisateurs professionnels indépendants qui nous proposent des produits de qualité.
Est-ce à dire que la Crtv, pour remplir son antenne, diffuse tout ce que lui propose Canal France international (Cfi)?
Non, Cfi envoie à la Crtv 20 heures de programmes par jour. Ils sont de deux types : les programmes fabriqués par d’autres chaînes africaines francophones et ceux en langue française venus du monde entier. Nous sélectionnons les émissions qui peuvent intéresser le public camerounais : des documentaires, des dessins animés, des séries et des feuilletons. Cela permet d’avoir des émissions à moindre coût, car la Crtv manque de moyens financiers.
source: le jour
14:04 Publié dans Actualité des medias africains | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : problemes de l'audiovisuel africain
25.10.2008
La guerre des images fait rage : Excaf Télécom et Delta Net Tv traduisent Canal Horizons devant la commission de l’Uemoa
La guerre des images fait rage : Excaf Télécom et Delta Net Tv traduisent Canal Horizons devant la commission de l’Uemoa
Le Premier ministre, Cheikh Aguibou Soumaré, a reçu mardi dernier un courrier l’informant de la traduction de Canal Horizons devant la commission de l’Uemoa pour concurrence déloyale et abus de position dominante, par deux chaînes de Tv, à savoir, Excaf Télécom et Delta Net Tv. En fait, la chaîne française est sous le coup de trois plaintes. L’une déposée chez le président de la commission de l’Uemoa, l’autre au niveau de l’Artp et la dernière au ministère de l’Information et des Ntic.
La guerre des images se poursuit. Et c’est la chaîne française, Canal Horizons, qui est au centre des hostilités. Elle vient de recevoir trois plaintes de la part de Excaf-Télécom et Delta Net Tv. Qui sesont alliées pour l’attaquer devant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Me Khassimou Touré qui a été constitué par les deux chaînes de télévision, a déposé une plainte sur le bureau du président de la Commission de l’Uemoa à Ouagadougou (Burkina-Faso) pour abus de position dominante et concurrence déloyale. « Je me suis déplacé jusqu’au siège de la commission de l’Uemoa à Ouagadougou pour déposer la plainte de Excaf Télécom et Delta Net Tv », dit Me Khassimou Touré. En clair, les plaignants soutiennent qu’ils sont confrontés à des problèmes de concurrence déloyale et de position dominante de la part de Canal Horizons et de son fournisseur d’images, Mtv-Afrique. Qui s’entendent, selon toujours ces deux chaînes, pour exercer un monopole sur un certain nombre de chaînes attractives sur le territoire sénégalais. Ce, Malgré les offres d’achat des sociétés, à savoir Delta Net Tv et Excaf-Télécom. Cette pratique est une violation des dispositions de la convention sur la zone Uemoa. Et, pour illustrer cela, Me Khassimou Touré convoque les articles 3 et 4 du règlement numéro 002/2002/CM/Uemoa sur les pratiques anti-concurrentielles au sein de l’Uemoa et les dispositions internes qui organisent le métier. Notamment la loi du 27 décembre 2001 portant code des télécommunications au Sénégal. Il cite le décret en date du 6 décembre 2005 fixant les conditions générales d’établissement et d’exploitation des réseaux de télécommunication ouverts au public, les lois portant création de l’Artp en son article 5. Et enfin, la loi en date du 22 août 1994 sur les prix, la concurrence et le contentieux économiques. Voilà, explique Me Touré, « le siège légal de la demande de Excaf Télécom et de Delta Net Tv ». La deuxième et la troisième plaintes ont été déposées, respectivement, sur la table du ministre de l’Information et des Ntic et à l’Artp, avec le même argumentaire. Les deux chaînes de Tv qui se sont fondées sur la justice et l’équité, demandent l’arbitrage des ministres de l’Uemoa. D’autant plus que, argumente leur conseil, « les principales bénéficiaires et cibles de cette bataille procédurale sont les populations ». « Nous avons fait tenir ampliations de toutes ces plaintes aux autorités concernées (le Premier ministre, le ministre du Commerce...). L’avocat dénonce également le « contrat qui lie l’Etat du Sénégal à Canal Horizons ». Selon Me Touré, « ledit contrat lèse les intérêts de l’Etat, ferme la porte à toute concurrence saine et loyale et affecte le bien-être des populations. Et nous avons confiance en ces institutions pour une bonne administration et une meilleure distribution de la pratique concurrentielle. Surtout dans un domaine aussi sensible que celui de l’audiovisuel ». Mme Touré, chargée du marketing à Canal Horizons, déclare qu’elle n’est pas au courant des plaintes de Excaf Télécom et Delta Net Tv. « Je ne suis pas au courant de ces plaintes. Peut-être que la directrice générale pourrait répondre à cette question à notre prochaine conférence de presse. Mais, pour l’instant, elle ne peut rien dire avant cette rencontre », déclare Mme Touré de Canal Horizons.
Mamadou Seck
(Source : L’observateur, 24 octobre 2008)
09:39 Publié dans Droits de diffusion TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : problèmes de l'audiovisuel africain
01.09.2008
Audiovisuelle au Cameroun
Etat des lieux, analyse des acteurs existants et de leurs politiques de développement, examen de quelques propositions et stratégies de développement dans l’environnement actuel.
Etat des lieux.
Quoi que de façon institutionnelle et réglementaire, le paysage audiovisuelle au Cameroun reste encore en friche, il n’en demeure pas moins de fil en aiguille que, ce secteur dans la pratique acquiert chaque jour son droit de cité. Grâce à la loi n°90/052 du 19 décembre 1990 relative à la liberté de la communication sociale, l’intervention de la télévision connaît une des évolutions les plus intéressantes au Cameroun, avec l’élargissement de l’espace télévisuel à partir du décret d’application (n° 2000/158 du 03 avril 2000) fixant les conditions et les modalités de la loi de 90 dix ans plus tard.
Aujourd’hui, le paysage audiovisuel présente plusieurs télévisons nationale et régionale (soit 08 tv dont 6 nationales et 2 régionales). Nous nous intéresserons à celles qui se sont véritablement démarquées en termes de contenue t de couverture géographique. Même si ces télévisions connaissent par moment les mêmes difficultés, il n’en demeure pas moins que chaque promoteur a sa propre vision de son entreprise.
CANAL2 INTERNATIONAL
L’un des pionniers de la télévision privée au Cameroun. Aujourd’hui l’étude d’audience faite au Cameroun en décembre 2006 à Yaoundé par l’institut Delphes et publiée en juin 2007 et RMS menée en mai 2007 à Douala présente CANAL2 INTERNATIONAL comme occupant soit la première place ou la deuxième place en termes de notoriété globale. Cette chaîne s’est fortement positionnée à ses débuts en bénéficiant de « l’effet du phénomène nouveau », en privilégiant du sensationnel dans sa ligne éditoriale (l’importance qui sera accordée à un sujet d'actualité par rapport à un autre ou la façon dont celui-ci sera traitée) et de la proximité des couches sociales D et E. Cette chaîne est présente dans plus de 22 pays d’Afrique centrale et de l’ouest. Elle est aussi reçu en Afrique australe et du nord avec une parabole supérieure à 3 m de diamètre. A l’observation, l’on peut s’accorder sur une programmation généraliste mais plus influencée par le divertissement.
Cependant cette chaîne est victime des obstacles multiples et multiformes. Ils touchent les finances, les technologies, le management opérationnel et stratégique, la tutelle et les ressources humaines.
Tous les observateurs sont aujourd’hui unanimes du fait que Canal 2 comparativement à ses pairs souffre d’un réel problème des ressources humaines, contrairement à la dimension de son essor. D’autres observateurs parlent de la connivence politico-médiatique dont cette chaine en souffrirait. La couverture de tout domaine d'activité implique la fréquentation assidue de ses acteurs. Des liens personnels se tissent, des sympathies se forgent. Le manque de distanciation entraîne au mieux une forme de myopie, au pis, une connivence, parfois une complicité.
D’autre part, les analyses de médiaplanning font ressortir des doutes sur l’efficacité des spots diffusées sur ses plages pub pour cause du trop plein des plages pub. Souvent, les marques concurrentes sont diffusées simultanément sur une même plage. Le constat aujourd’hui est que les plages publicitaires, pour ce qui est de canal2 international, sont saturées aux heures supposées prime time. Et pendant ces moments de pub, les téléspectateurs préfèrent zapper. Ces téléspectateurs suppriment alors entre 50 % et 70 % des plages publicitaires en zapping pour d’autres chaînes (plus de 100 chaînes diffusées au Cameroun par câble selon une étude de Media Intelligence
Spectrum Télévision.
Ce groupe est la seule à avoir bénéficié de l’autorisation individuelle a déployé deux chaînes de télévision du MINCOM en 2004 avec chacune un canal. Selon l’étude d’audience faite au Cameroun en décembre 2006 à Yaoundé par l’institut Delphes et publiée en juin 2007, Spectrum TV (STV) en notoriété globale occupe les dix septième places derrière ATV. Les études de RMS menée en mai 2007 à Douala la présente comme occupant la cinquième place derrière Canal 2 et la CRTV. Mais cela n’effrite en rein la détermination des promoteurs à vouloir bouleverser les habitudes télévisuelles au Cameroun. Pour corroborer cela, STV est sans doute la seule chaîne privée en Afrique centrale et de l’Ouest à s’être dotée des services d’un mercenaire de l’audiovisuel de l’acabit de son directeur général. D’autre part, STV possède la plus grande bibliothèque des programmes des Tv privées pour l’instant au Cameroun. Des experts media classent STV et 2STV du Sénégal comme étant les télévisons africaines à la dimension occidentale de part des investissements qui y sont enfouies. Le directeur général parle de 20 milliard de nos francs investies depuis cinq ans. Stratégiquement, STV est la chaîne la plus positionnée et la plus infiltrée. De multiples partenariats avec des structures, associations et mécènes audiovisuelles. Cela s’est démontré dans ses programmes avec la diffusion des championnats anglais et autres. Pour ce qui est de la couverture géographique, cette chaîne tout comme Canal 2 est présente sur le NSS7 lui permettant ainsi d’être reçu dans les 22 pays francophones de l’Afrique subsaharienne.
Cependant tactiquement, cette chaîne souffre des erreurs tactiques de managements liées à une mauvaise connaissance de l’environnement politico- réglementaire et social. D’entrée de jeu, le bon positionnement relationnel et international n’est pas forcement une panacée pour l’adhésion du public local bien que les responsables estiment leur pénétration à 30% (bien sûr qu’aucune étude ne le prouve) auprès du public anglophone. Avec une population hétéroclite, multilingue, multiculturelle, et diversifiée, les habitudes de consommation de l’offre audiovisuelle deviennent insaisissables. C’est ce qui semble échapper à ce groupe. D’autre part les programmes venus d’ailleurs ne font forcement l’unanimité auprès des téléspectateurs friands des programmes proches d’eux et qui peignent fidèlement leurs vécus quotidiens dans la réalité locale. Sur un autre plan, si l’on s’accorde avec le sur le fait que la première (Stv1) diffuse principalement en anglais soit (70%) de sa programmation, La deuxième Stv2, elle, est principalement francophone avec une programmation généraliste centrée sur les débats, les magazines. Il devient alors superflue de réaliser que cette deuxième chaîne STV2 qui à une vocation francophone généraliste ne couvre que la ville de Douala et partiellement celle de Yaoundé en faisceau hertziens au regard des lourds investissements qui y sont faits depuis cinq ans. Aujourd’hui elle essaye tant bien que mal de s’installer dans le nord ou Equinoxe et ATV et Canal 2 y sont depuis longtemps. Tels semblent être les reproches que certains observateurs font à cette chaine.
La couverture nationale du territoire de STV reste aujourd’hui hypothéquée par les propriétaires des réseaux de télédistributions en dehors de quelques villes partiellement couvertes. Ce qui ne valorise pas forcement ce contenu bien étoffé en programmes venus d’ailleurs. En bref, le tendon d’Achille de cette chaîne reste l’approche tactique de conquête du public Camerounais, et le déficit constaté en couverture par faisceaux hertziens (à titre d’exemple la ville de Yaoundé, siège des institutions n’est couverte que dans les environs du quartier omnisport).
Examen de quelques propositions et stratégies de développement dans l’environnement actuel.
L’essor antinomique de l’offre télévisuelle et du marché publicitaire peut trouver une explication dans le cadre règlementaire et l’environnement économique dans lesquels évoluent ces media. Mais malgré cet obstacle, des pistes restent encore ouvertes. Il s’agit de la télé-réalité (ce sont des émissions qui font du spectacle avec la vie des gens ordinaires, en particulier avec leur intimité). Le dernier succès en date est celui de AfricaStar, qui pour la première fois a conventionnellement retenue l’attention des la moitié des diffuseurs de l’espace francophone. Et Idols pour la partie anglophone. Aujourd’hui la RTI s’engage dans cette voie. Au-delà de la seule course à la rentabilité, les émissions de télé-réalité marquent une nouvelle étape dans les transformations - à bas bruit - du modèle économique des chaînes selon Marc Durin-Valois dans Le Figaro, 22.11.2003. Les émissions de télé-réalité ne se contentent pas d'être des produits très rentables. Elles participent aussi de la volonté des chaînes privées de s'affranchir de la dépendance envers deux acteurs : les pouvoirs publics, avec leurs réglementations lourdes en terme de quotas des programmes locaux (60%), d'obligations de production, du respect des plages publicitaires ; le marché publicitaire - anémique avec plus d’attirance pour l’affichage urbain - avec ses imprévisibles aléas. Et même le contexte technologie s’y prête avec la fibre optique qui offre d’avantages énormes en termes de coûts et connectivité. D’autre part, le contexte actuel fortement influencé par plus de 80 chaînes de télévisions à péage et qui ne laisse pas de répit. Les téléspectateurs armés de leur télécommande sont devenus des zappeurs. Le devenir des nos chaînes télé est suspendu au bout de l’index d’un téléspectateur qui n’a même pas besoin de bouger. Une image de trop, un son qui dérange, un présentateur qui s’ennuie pendant quelques secondes, une cravate mal nouée, une couleur qui ne convient pas et la sanction tombe comme dans l’arène ; jadis on baissait le pouce et maintenant on appuie sur une autre chaîne – souvent non choisie – et la sanction tombe, choix négatif car le téléspectateur ne choisit pas un autre programme, il quitte celui-ci sans choisir une destination, il fera le même cheminement dans la seconde qui suit, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il trouve une chaîne qu’il sera disposé à garder un temps jamais défini. Aujourd’hui, les films font moins de recettes. L’audience du sport s’essouffle, les évènements footballistiques ont atteint des sommets en termes de droits de retransmission. Pour mémoire STV à diffusé le match Cameroun-Tanzanie à domicile avec à la clé quelque trois annonceurs. Selon des infos, l’un aurait payé trois cent milles pour incrustation permanente du logo lors d’un match supposé couter 30 000 0000 CFA des droits de diffusions. Les droits de retransmission ont pratiquement triplées en mois de cinq ans en Afrique. Dans ce contexte, les télévisions devront investir de plus en plus dans de nouveaux programmes de divertissement qui intègre les sensibilitées culturelles.
Rostant Tane, consultant et analyste media, Media intelligence. rostantane@gmail.com
12:54 Publié dans TV africaines et pan africaines: stratégies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : problemes de l'audiovisuel africain