25.10.2008
La guerre des images fait rage : Excaf Télécom et Delta Net Tv traduisent Canal Horizons devant la commission de l’Uemoa
La guerre des images fait rage : Excaf Télécom et Delta Net Tv traduisent Canal Horizons devant la commission de l’Uemoa
Le Premier ministre, Cheikh Aguibou Soumaré, a reçu mardi dernier un courrier l’informant de la traduction de Canal Horizons devant la commission de l’Uemoa pour concurrence déloyale et abus de position dominante, par deux chaînes de Tv, à savoir, Excaf Télécom et Delta Net Tv. En fait, la chaîne française est sous le coup de trois plaintes. L’une déposée chez le président de la commission de l’Uemoa, l’autre au niveau de l’Artp et la dernière au ministère de l’Information et des Ntic.
La guerre des images se poursuit. Et c’est la chaîne française, Canal Horizons, qui est au centre des hostilités. Elle vient de recevoir trois plaintes de la part de Excaf-Télécom et Delta Net Tv. Qui sesont alliées pour l’attaquer devant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Me Khassimou Touré qui a été constitué par les deux chaînes de télévision, a déposé une plainte sur le bureau du président de la Commission de l’Uemoa à Ouagadougou (Burkina-Faso) pour abus de position dominante et concurrence déloyale. « Je me suis déplacé jusqu’au siège de la commission de l’Uemoa à Ouagadougou pour déposer la plainte de Excaf Télécom et Delta Net Tv », dit Me Khassimou Touré. En clair, les plaignants soutiennent qu’ils sont confrontés à des problèmes de concurrence déloyale et de position dominante de la part de Canal Horizons et de son fournisseur d’images, Mtv-Afrique. Qui s’entendent, selon toujours ces deux chaînes, pour exercer un monopole sur un certain nombre de chaînes attractives sur le territoire sénégalais. Ce, Malgré les offres d’achat des sociétés, à savoir Delta Net Tv et Excaf-Télécom. Cette pratique est une violation des dispositions de la convention sur la zone Uemoa. Et, pour illustrer cela, Me Khassimou Touré convoque les articles 3 et 4 du règlement numéro 002/2002/CM/Uemoa sur les pratiques anti-concurrentielles au sein de l’Uemoa et les dispositions internes qui organisent le métier. Notamment la loi du 27 décembre 2001 portant code des télécommunications au Sénégal. Il cite le décret en date du 6 décembre 2005 fixant les conditions générales d’établissement et d’exploitation des réseaux de télécommunication ouverts au public, les lois portant création de l’Artp en son article 5. Et enfin, la loi en date du 22 août 1994 sur les prix, la concurrence et le contentieux économiques. Voilà, explique Me Touré, « le siège légal de la demande de Excaf Télécom et de Delta Net Tv ». La deuxième et la troisième plaintes ont été déposées, respectivement, sur la table du ministre de l’Information et des Ntic et à l’Artp, avec le même argumentaire. Les deux chaînes de Tv qui se sont fondées sur la justice et l’équité, demandent l’arbitrage des ministres de l’Uemoa. D’autant plus que, argumente leur conseil, « les principales bénéficiaires et cibles de cette bataille procédurale sont les populations ». « Nous avons fait tenir ampliations de toutes ces plaintes aux autorités concernées (le Premier ministre, le ministre du Commerce...). L’avocat dénonce également le « contrat qui lie l’Etat du Sénégal à Canal Horizons ». Selon Me Touré, « ledit contrat lèse les intérêts de l’Etat, ferme la porte à toute concurrence saine et loyale et affecte le bien-être des populations. Et nous avons confiance en ces institutions pour une bonne administration et une meilleure distribution de la pratique concurrentielle. Surtout dans un domaine aussi sensible que celui de l’audiovisuel ». Mme Touré, chargée du marketing à Canal Horizons, déclare qu’elle n’est pas au courant des plaintes de Excaf Télécom et Delta Net Tv. « Je ne suis pas au courant de ces plaintes. Peut-être que la directrice générale pourrait répondre à cette question à notre prochaine conférence de presse. Mais, pour l’instant, elle ne peut rien dire avant cette rencontre », déclare Mme Touré de Canal Horizons.
Mamadou Seck
(Source : L’observateur, 24 octobre 2008)
09:39 Publié dans Droits de diffusion TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : problèmes de l'audiovisuel africain
15.10.2008
Rwanda: France’s SportFive will produce and promote U-20 African Youth championship
Rwanda: France’s SportFive will produce and promote U-20 African Youth championship
The Confederation of African Football (CAF) has awarded broadcasting rights to French-based SportFive to produce the TV coverage for next year's U-20 African Youth championship due for January 18-February 1 in Kigali.
CAF Executive Committee member Slim Aloulou said recently that the continental body concluded an agreement for the production of the competition. These rights came as part of SportFive’s broader agreement on the MTN Africa Cup of Nations finals, the MTN CAF Champions League, the African Confederation Cup and the African Youth Championship until 2016.
"CAF wants SportFive to broadcast the tournament and they will talk with the respective bodies to see how possible it will for all the fixtures to broadcast live," Aloulou said. However, the official failed to discuss the details of the terms of the deal for next year's U-20 African youth championship.
The deal which was renewed seven years ago extends SportFive to hold on African football's rights to more than 20 years, starting with the 1994 Nations Cup finals in Tunisia. CAF claimed a worldwide TV audience of 4.2 billion for their Nations Cup tournaments in Egypt in 2006. Over 4 billion was claimed in CAN Ghana 2008 this year. The next event is the African youth championship in Rwanda.
The Head of International Production, Gary Lovejoy said that "We hope to work with the media in the audiovisual production of the competition in Rwanda next year."We will control our production chain right from capturing the image right up to the programmes going on air live, magazines, highlights, news access."
SportFive also holds the exclusive marketing and media rights, as an agent of CAF from 2009 to 2016.
This agreement includes the following competitions: Africa Cup of the Nations 2010, 2012, 2014, 2016, CAF Champions' League from 2009 to 2016, Confederation Cup from 2008 to 2016, and African Youth Championship 2009, 2011, 2013 and 2015. SportFive has marketed the Africa Cup of Nations media rights since 1994 as well as its marketing rights since 2004.
SportFive s also the commercial partner for national team competitions outside Europe, with the TV rights for the bi-annual Africa Cup of Nations (held by the African Football Confederation CAF) in the hands of SportFive as well as Africa's most prestigious club competition, the CAF Champions League.
The New Times (Kigali) 2 October 2008
21:21 Publié dans Droits de diffusion TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sportfive
18.09.2008
Droits télé: une filière à problème le jour m'a interviewé
Rostand Tane : « Un seul media peut gérer les droits télé au Cameroun » mail
Observateur attentif de la scène médiatique, il fait le point de l’évolution de la question des droits télé au Cameroun.
Pourquoi y a-il tant de difficultés à faire réellement fonctionner la filière au Cameroun ?
Je pense que la première raison est étroitement liée à l’environnement audiovisuel du Cameroun caractérisé par sa jeunesse et le manque du professionnalisme des gestionnaires des droits et acteurs impliqués dans la filière. La deuxième raison est inhérente à l’environnement non organisé des industries culturelles en général au Cameroun. D’abord, c’est une réalité qui n’est pas propre à l’environnement national. C’est seulement depuis 1972 que la Confédération africaine de football (Caf) négocie la cession des droits de retransmission télé de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations. De 1992 à 2000, ces droits ont fait l’objet d’un gré à gré entre l’entreprise de Jean-Claude Darmon et la Caf. En 2001, la Caf a cédé les droits globaux de retransmission radiotélévisée des phases finales 2002, 2004, 2006 et 2008 de la Can ainsi que ceux de la Ligue des clubs champions de 2001 à 2008 à la firme SportFive (ancien Jean-Claude Darmon). SportFive les a rétrocédés à l'entité sud-africaine TV Africa (pour toute l'Afrique subsaharienne, à l'exception de l'Afrique du Sud, soit 44 pays). Les télévisions de l’Afrique subsaharienne devraient diffuser les matchs gratuitement contre le respect des plages publicitaires négociées par TV Africa. Mais, pour la Can 2004, LC2 prend la place de TV Africa et change de stratégie. Désormais, il faut payer, en plus de la diffusion gratuite de la pub. Mais, les prix doublent d’une édition à une autre. Ne soyons pas surpris que pour la prochaine édition les paris sportifs en direct soient introduits. On parle du foot-buisness. Mais l’on note aujourd’hui une valorisation des droits tv progressive vers d’autres programmes, notamment la télé réalité.
Que doit – on faire pour développer d’avantage ce secteur ?
Ce secteur représente un potentiel énorme pour les diffuseurs et producteurs audiovisuels et les promoteurs culturels. Pour véritablement viabiliser ce secteur au Cameroun, Les pouvoirs publics devraient fixer les règles du jeu en s’arrimant aux législations internationales en matière de droits télévisuels. Les titulaires ou gestionnaires de ces droits devraient fournir des efforts dans la mise en scène des évènements. Troisièmement, la commercialisation de ces droits devrait intégrer une réflexion stratégique profonde, au besoin faire appel à un cabinet spécialisé. Pour mémoire, la gestion des droits d’auteur des Lions Indomptables a été toujours controversée, du fait de la non intégration et de la non maîtrise des enjeux règlementaires, sociaux et stratégiques de ce portefeuille de droits. Les diffuseurs devraient être proactifs dans l’acquisition, l’exploitation de ces droits. Mais nous croyons qu’un seul media sur la scène audiovisuelle nationale dispose du potentiel pour acquérir les droits, les gérer véritablement et même produire un événement sportif dans le strict respect des normes internationales
Le marché publicitaire est –il à même de compenser les sommes investies par ceux qui peuvent acquérir des droits ?
D’une manière générale, dans cet univers hyperconcurrentiel de l’offre TV due à la montée du câble aux Etats-Unis et en Europe, les évènements footballistiques ont atteint des sommets en termes de droits de retransmission. Pour parler avec les chiffres, de 1994 à 2002, on est passé de 30 à 500 millions de dollars pour les droits de retransmission télévisuelle pour le mondial. Pour être plus proche de nous, la Can est passée de 16 millions de francs Cfa en 2002 à 1 million d’euros (soit plus de 650 000 000 CFA) en 2008. Cependant, le marché publicitaire n’a pas suivi cette évolution exponentielle. La plupart des multinationales en Afrique ne communiquent véritablement que dans les droits marketing. Les insertions sont négociées dès la base par les diffuseurs officiels (Lc2 pour la Can) et les chaînes sont astreintes aux obligations publicitaires et entre-temps les plages sont inexistantes ou saturées. Et quand bien même les annonceurs sont présents, les coûts de souscription sont dérisoires, surtout dans un environnement non réglementé. Dans ces conditions en Afrique, aucune chaîne ne peut directement rentabiliser ses espaces lors d’un événement sportif.
Source : le quotidien le jour
11:24 Publié dans Droits de diffusion TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droits de diffusion
01.09.2008
droits de retransmission et football au cameroun
Les téléspectateurs camerounais pourront désormais bel et bien suivre l'intégralité des matches des lions indomptables : il s’agira de tous les matches officiels et amicaux disputés par les sélections nationales (seniors, espoirs, juniors, cadets, féminines) sur le territoire camerounais, et ceux de l’extérieur dont la Fécafoot détient les droits ; les matches du championnat d’élite de football ; les matches de Coupe du Cameroun jusqu’au niveau des demi-finales ; les rencontres du tournoi interpoules ; les confrontations inter-clubs africains (ligue des champions, coupe de la Confédération et coupe de l’Uniffac). Pour les matchs de la coupe du Cameroun, du point de vue contractuel, le portefeuille des droits s’arrête au niveau des demi-finales car la finale est une affaire du MINSEP. Et, pour ce qui est du championnat national de football de première division, la Crtv retransmettra en direct à la télévision, le match phare de chaque journée, choisi d’accord partie avec la Fécafoot.
En effet, le samedi 11 juin 2007, La FECAFOOT propriétaire des compétions du sport-roi a cédé à la Crtv l’exclusivité des droits globaux de retransmission et de diffusion, en direct ou en différé ; des droits de diffusion hertzienne, satellitaire, et par radio, pour tous les matches de football organisés par la Fécafoot et pour lesquels celle-ci détient les droits. Tant sur le territoire national qu’à l’extérieur.
Ce contrat, paraphé par les principaux responsables des deux organismes – Iya Mohammed le président de la Fécafoot et Amadou Vamoulké le directeur général de la Crtv –, est d’une durée d’un an, renouvelable par tacite reconduction.
Sur le plan stratégique, ce contrat permettra à la CRTV de consolider sa position de leader dans le paysage audiovisuelle camerounais, en outre, les souvenirs de ces longs épisodes judicaires entre la CRTV et DIGICOM-ex TV MAX racheter par feu Tom Yoms avant sa mort-, Nations TV ont permis à cette institutions de mettre sur pied une vision à long terme. Cette convention est l’aboutissement des négociations ayant duré 3 années; elle est venu mettre un terme à la confusion qui a prévalu jusque-là au sujet des droits de retransmission et de diffusion des matches au Cameroun. Tactiquement ce contrat a permis à la crtv de se constituer un portefeuille des droits sportifs sur le plan national.
Selon certaines sources de la Fécafoot, la non commercialisation des droits de diffusion aurait fait perdre près de 150 millions de francs Cfa en 2004,
Coût de l’opération
Le contrat stipule que pour chaque match diffusé en fonction du niveau de compétition, la Fécafoot ne recevra qu’un forfait, allant de 1 à 5 millions de francs CFA. La Crtv remettra aussi à la Fécafoot, une copie de chaque match filmé et une partie des retombées financières de la publicité lors de la diffusion des matches. Mais la clé de répartition relève de la confidentialité du contrat et ne saurais être divulguée.
Le devoir de partage
Par ailleurs, il faut le relever, la Crtv se fera le devoir de fournir le signal radio et télévision aux partenaires de la Fécafoot et aux autres chaînes audiovisuelles locales. Mais cependant, ces autres chaînes audiovisuelles devront, au préalable, s’entendre avec la Crtv sur les conditions de reprise du signal, en permettant la visibilité commerciale de ses sponsors, prioritaires sur les plateaux des matches diffusés. Alors à ce niveau, l’on est en droit de se demander si l’expérience avec la Can 2008 où chaque media n’en faisait qu’a sa tête ne se reproduira pas ?
Rostant Tane : Media Intelligence
Email : mediaintelligences@gmail.com Publé danx le magazine Comnexs du mois de Mars 2008
13:12 Publié dans Droits de diffusion TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droits de diffusion, entertaiment, télérealité
Les enjeux stratégiques programmes des télévisions au camerounaises 2008 : le sport à la TV ; la Can 2008
Les enjeux stratégiques programmes des télévisions au camerounaises 2008 : le sport à la TV ; la Can 2008
Au moment où cinq directeurs des télévisions nationales africaines se regroupent à Yaoundé le 16 octobre dans l’optique de fédérer leurs réflexions autours des stratégies pour l’acquisition des droits Tv de la Can de janvier 2008 auprès de la société LC2, dirigée par l'homme d'affaires béninois Christian Lagnidé, une autre rencontre est d’ores et déjà programmée le mois prochain au Sénégal cette fois là avec les directeurs généraux de 17 radios et télévisions publiques d'Afrique francophone.
La Can : Historiques et enjeux des droits marketing et tv
La Confédération africaine de football (CAF) négocie depuis 1972 la cession des droits de retransmission télé de la Coupe d'Afrique des nations. De 1992 à 2000, le Groupe Jean-Claude Darmon a été le détenteur de ces droits pour la phase finale de la compétition, mais aussi pour les finales des coupes interclubs et de la Ligue des champions (créée en 1997).
En 2001, la Confédération africaine de football (CAF), propriétaire de la compétition, a cédé les droits globaux de retransmission radiotélévisée des phases finales 2002, 2004, 2006 et 2008 de la CAN ainsi que ceux de la Ligue des clubs champions de 2001 à 2008 à la firme Sportfive (RTL Group, le Groupe Canal+ et le Groupe Jean-Claude Darmon ont fusionné leurs activités de droits sportifs pour créer SPORTFIVE) qui les a, elle-même, rétrocédés à l'entité sud-africaine TV Africa (pour toute l'Afrique subsaharienne, à l'exception de l'Afrique du Sud, soit 44 pays), à la chaîne privée à péage ART du milliardaire saoudien Cheikh Salah (pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient), à l'opérateur privé sud-africain M'NET (qui les confia à son tour en sous-licence à la South African Broadcasting Company) et à la BBC. Également diffuseur de la Ligue des champions, TV Africa devait rempiler pour la CAN 2004, mais, le 1er octobre 2003, la société sud-africaine fut mise en liquidation. Elle renaît sous la houlette de Barry Lambert, le PDG du groupe LIM (Leading Independant Media limited).
Pour pallier la défection de TV Africa, Sportfive a conclu, le 22 octobre 2003, un contrat avec LC2, associée à la société de télécommunications Arcane, et lui céda, pour 8,5 millions d'euros, les droits de retransmission des éditions 2004, 2006 et 2008 de la CAN, ainsi que ceux de la Ligue des champions pour la même période. LC2 s'engagea à garantir la diffusion dans 44 pays subsahariens. Elle leur revendit les droits sous forme de contrats de sous-licence en « s'octroyant une marge couvrant ses frais et développant ses activités ». Elle proposa un paquet de 32 matchs mais fixa ses tarifs à la fortune - réelle ou supposée - du client (300 millions de F CFA en moyenne). Et s'associa à Canal France International (CFI) pour la diffusion et le transport des images. Par le passé, TV Africa ne nous demandait que 500 000 Fcfa par match de cette compétition.
Le deal passé consistait pour Darmon a, pour sa part, de négocier la rétrocession des droits avec plusieurs opérateurs. C'est TV Africa, une chaîne privée sud-africaine, qui, en contrepartie de la diffusion de spots publicitaires, assurera gratuitement les reportages de la CAN, en anglais et en français, sur l'ensemble du continent (Afrique de l'Ouest comprise), à l'exception de la zone Nord. Elle prend la succession de Canal France International (CFI), qui n'a pas répondu à la proposition, jugée trop élevée, du Groupe Darmon. D'autres chaînes ont conclu des accords avec Darmon. C'est le cas de : - Eurosport (pour une diffusion en terrestre, par câble et par satellite) ; - MNET, chaîne privée sud-africaine qui « sous-licencie » la South African Broadcasting Company (SABC) pour les matchs des Bafana Bafana ; - Canal Horizons (diffusion codée en Afrique de l'Ouest) ; - BBC (pour les trente-deux matchs).
La pomme de discorde
Pour Égypte 2006, Christian Lagnidé informe par courrier, le 14 novembre 2005, les directeurs des radios et télévisions publiques concernées que la « gestion et la commercialisation des droits audiovisuels pour la CAN 2006 et la Ligue des champions 2006 et 2007 sont exclusivement à négocier auprès de Cancaf Limited, dont l'administrateur est le Crédit suisse Trust AG de Genève ». La nouvelle entité est domiciliée au Bahamas Financial Centre, à Nassau. Dans la foulée, Cancaf Ltd transmet son offre, à savoir un package obligatoire qui comprend notamment l'édition 2006 de la CAN (32 matchs, 28 en direct, 4 en différé), 17 magazines de vingt-six minutes chacun (produits par... CFI), la Ligue des champions 2006 et 2007 (60 matchs au total), et l'octroi d'une prime si tous les matchs sont diffusés et les clauses du contrat respectées.
La date limite de paiement est fixée au 25 novembre et des pénalités de retard sont prévues : 12 % de majoration après le 30 novembre et 15 % après le 30 décembre.
Les tarifs varient : 1 million d'euros pour la RTI (Côte d'Ivoire) et la CRTV (Cameroun), 500 000 pour la RTS (Sénégal) et la RTDS (Togo), 300 000 pour les autres et... 2 millions de dollars pour le Nigeria.
Dix-sept directeurs de radios et télévisions publiques d'Afrique francophone se retrouvent le 24 novembre à Bordeaux, à l'occasion du Séminaire de formation (Sefor) organisé par le Conseil International des radios - télévisions d'expression française (Cirtef) et l'Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF). Ils dénoncent avec véhémence l'attitude de LC2 et de Cancaf Ltd qui, « sans négociation préalable, ont fixé des montants excessifs pour le paiement de droits par ailleurs hors de portée de la plupart des pays francophones ». Refusant ce diktat « humiliant », le collectif invite LC2 et Cancaf Ltd à revoir à la baisse leurs tarifs et interpellent la CAF. Ils appellent toutes les radios et télévisions africaines à « s'abstenir de signer tout contrat ».
Trois jours après, Christian Lagnidé débarque à Bordeaux. Il rencontre les protestataires. La réunion est houleuse. Lagnidé évite toute polémique et s'explique : « Je n'ai pas inventé la règle du jeu. Le système a été mis en place par Sportfive et la CAF. Pour l'édition 2004, 34 télévisions nationales sur 44 n'ont pas respecté les engagements souscrits : il y a eu beaucoup de matchs non diffusés. Pour 2006, j'ai fait appel à un administrateur crédible : le Crédit suisse. Des offres individuelles ont été faites en fonction des recettes publicitaires escomptées par chaque télévision. Le respect des contrats est une exigence incontournable. Je ne suis pas obligé de vendre les droits aux seules télévisions nationales. » Le collectif des directeurs maintient son mot d'ordre : pas de signature. Il propose au PDG de LC2 d'entreprendre, courant décembre, des pourparlers à Dakar et mandate les directeurs de la RTI, de la RTS, de l'Ortma (Madagascar) et de l'ORTB (Bénin) pour suivre le dossier. Le Crédit suisse s'annonce à son tour, mais trop tard : les frondeurs ont quitté Bordeaux.
La position de la Caf
La CAF ne réagit pas officiellement mais son président fait passer un message : « La CAF a vendu au plus offrant. Elle n'a plus rien à voir avec ce que LC2 fera de ces droits. Elle a agi comme un grossiste qui a vendu au détaillant. Ce dernier, avec l'expertise de son banquier, a fixé le prix de détail. » Sauf que la CAF n'est pas une entreprise commerciale mais une institution non gouvernementale à but non lucratif dont la mission est de « promouvoir et d'améliorer le football et de le diffuser en tenant compte de son impact universel, éducatif, culturel et humanitaire, et ce sans aucune discrimination ». Certes, elle organise un spectacle sportif qui ne lui coûte rien au départ. Et elle engrange des revenus - non imposables - qu'elle redistribue en partie aux seize équipes finalistes. Du coup, un signataire de la déclaration de Bordeaux s'interroge : Pourquoi faut-il qu'une société basée à Nassau, aux Bahamas, prenne en charge, via une banque suisse, la vente des droits de retransmission aux diffuseurs africains et fixe des droits hors de prix ? Pourquoi le dispositif commercial est-il confus, opaque ? » Et d'ajouter : « Le paysage de l'audiovisuel en Afrique a évolué. Les directeurs des télévisions sont de plus en plus compétents. Ils ne se laissent plus manipuler : ils connaissent les coûts et les marges publicitaires et savent élaborer des stratégies commerciales et éditoriales... »
Selon des sources fiables, la CAF aurait cédé à Sportfive les droits de retransmission audiovisuelle de la CAN 2006 pour 2,5 millions de dollars et la publicité pour 3 millions. Les mêmes montants seraient garantis pour l'édition 2008. La Ligue des champions rapporterait, quant à elle, entre 2005 et 2007, 10 millions de dollars à la CAF. Mais, il y a lieu d'ajouter à ces sommes les recettes générées par la vente de la marque « Coupe d'Afrique des Nations » à un sponsor : l'édition 2004 de la CAN s'est ainsi officiellement appelée Nokia African Cup of Nations in Tunisia 2004, et celle de 2006 prend le nom de MTN Africa Cup of Nations Egypt 2006. Et depuis 2005 et jusqu'en 2008, la firme de téléphonie sud-africaine MTN a « adopté » la Ligue des champions pour 15 millions de dollars.
Les firmes camerounaises en lice : forces et faiblesses
Des sources fiables nous indiquent que, plus que par le passé, la demande des droits de retransmission en direction du Cameroun est plus forte par rapport à l’édition 2004 ou la CRTV était le seule prétendant fiable à coté d’une société au non de nation tv. En effet, le ton nous été donné depuis le 21 août dernier par STV qui obtient en exclusivité les droits de diffusion terrestres exclusifs de la Barclays Premier Football League (Angleterre) et de LA LIGA (Espagne) pour le territoire Camerounais. Ainsi l’on peut lire entre les lignes l’engagement de STV de fournir aux téléspectateurs du Cameroun du divertissement de toute première qualité et des événements sportifs de classe mondiale. Ce qui était jusqu’alors l’apanage de la CRTV. De l’autre coté, nos sources parlent d’une holding camerounaise au non de Nations Tv qui serait intéressé par les droits media (satellitaires, hertziens, internet, radio, câbles, MMDS et P tv) sur la Can 2008 pour les territoires : Cameroun, guinée Équatoriale, Congo démocratique, Gabon, Tchad et la RCA. Cette firme aurait une expérience sur l’acquisition et la gestion des événements sportifs sur le territoire africain. Au jour d’aujourd’hui, les soumissionnaires déclarées pour l’acquisition des droits seraient trois pour le Cameroun (le pays ayant le plus d’offre à coté du Nigeria en Afrique central).
L’enjeu principal pour l’achat des droits pour le Cameroun est surtout de les acquérir en exclusivité pour en redistribuer aux diffuseurs nationaux selon ses objectifs commerciaux savamment planifié en considérations des retombées publicitaires escomptées. En outre, les enjeux secondaires ne sont pas moindres : La CAN sera suivie par quatre milliards et demi de téléspectateurs, c’est le troisième événement mondial le plus suivi sur le petit écran, après les Jeux olympiques et la Coupe du monde. Dans le même ordre d’idée notons la dépendance du public camerounais au football. Le paysage de l'audiovisuel au Cameroun a évolué et les directeurs des télévisions sont de plus en plus compétents. La Can 2002 et 2004 pour la CRTV aurait rapporté chacune environ plus de 300 millions FCFA de recettes publicitaires.
Sur le terrain des négociations, les discutions avec la CRTV semblent plus avancée que les autres soumissionnaires, grâce à son expérience, son ancienneté dans le partenariat (Can 2004et 2006) et sa crédibilité dans auprès du groupe de Laguidé. STV quand à lui à plus d’une corde dans son arc avec ses entrées auprès de MTN Cameroon et par ricochet MTN group par ailleurs partenaire officiel de la Can 2008 selon SportFive détenteur des droits primaires Media et marketing. Nations Tv qui regorge beaucoup d’expertises dans l’achat des droits sportifs et événementiels semble beaucoup introduit chez Christian Laguidé mais le fait qui ne soit pas diffuseur direct pourrait lui jouer des mauvais tours.
La multiplication des demandes venant du Cameroun réconforte le groupe LC2 Media qui peut spéculer à dessein. Et au jour d’aujourd’hui, les offres restes ouvertes déclarent nos sources. D’une manière générale, les offres de la Can 2008 aurons connu une hausse de 13% environ par rapport à l’année passé ce qui rend les directeurs de radios et télévisions publiques d'Afrique très embrassés pour l’instant.
Au regard de ce qui précède, tout est désormais certains que les images de la Can ou évènements sportifs d’envergure dans nos petits écrans feront l’objet d’enjeux commerciaux et publicitaires. Il est également clair que ces images puisque nos télévisons sont en clairs seront entachés ou encore hypothéquées par des publicités indigestes comme c’est le cas actuellement avec la Liga sur STV. Car les chaînes auront pour obligation de rentabilité à tout prix. A dieu les clean fields.
De l’autre coté nous recommandons prudence aux chaînes de télévisions nationales ou soumissionnaires qui ne prendront les paramètres notamment le fait selon lequel le Cameroun est arrosées par plus de 80 chaines de télévisions câblées qui seront certainement de la partie car les droits satellitaires ne sont pas dans les décomptes des demandes camerounaises auprès de LC2. En d’autres termes l’opération serait sabotée pour une firme nationale qui prend à pris d’or les droits hertziens en oubliant le câble, le satellite, le MMDS ou TNT etc. car rien ne garantira la rentabilité pour une chaine claire si les téléspectateurs ont une solution de substitution.
SportFive et la Confédération africaine de football
Comment comprendre que rendue en 2008, la CAF ne puisse pas se doté de sa propre structure de commercialisation organisme à l'instar de la FIFA ou de l'UEFA ? A-elle vraiment besoin de céder à une entreprise européenne un évènement unique dans son genre qui en plus des missions culturelles et humanitaires apporte plus de paix entre les africains en proie aux maux tels que les pandémies, les guerres et la misère. Elle reste le seule moment où les africains sont réunis autour d’une seule passion. Pas besoin pour nous de signaler que la CAF n'est pas une entreprise commerciale mais une institution non gouvernementale à but non lucratif dont la mission est de « promouvoir et d'améliorer le football et de le diffuser en tenant compte de son impact universel, éducatif, culturel et humanitaire, et ce sans aucune discrimination.
En effet, la société de gestion de droits sportifs Sportfive a signé mercredi le 03 /10/2007 un contrat d'exclusivité avec la Confédération africaine de football de 2009 à 2016 pour gérer l'ensemble des droits marketing et media de la CAF. Sportfive vient de l’annonce dans un communiqué. L’accord entre les deux parties comprend quatre éditions de la Coupe d'Afrique des nations à partir de 2010, la Ligue des champions d'Afrique de 2009 à 2016, la Coupe de la Confédération de 2008 à 2016 et le Championnat d'Afrique juniors de 2009 à 2015.
Pour mémoire SportFive (RTL Group, le Groupe Canal+ et le Groupe Jean-Claude Darmon ont fusionné leurs activités de droits sportifs pour créer SPORTFIVE), De 1992 à 2000, SportFive par le biais du Groupe Jean-Claude Darmon a été le détenteur de ces droits pour la phase finale de la compétition, mais aussi pour les finales des coupes interclubs et de la Ligue des champions (créée en 1997). Il est désormais clair que les déboires et désagréments des chaînes de télévisons africaines se sont qu’à leurs débuts vue la tournure qu’a pris les choses.
Rostant Tane Media intelligence : rostantane@gmail.com publée dans le magazine Comnews du mois de janvier 2008
13:06 Publié dans Droits de diffusion TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : can 2008, droit tv en afrique