11.12.2009
Droits de retransmission de la CAN 2010.
Droits de retransmission de la CAN 2010.
Genèse et gestion des droits de la can:
Depuis 1972, la Confédération africaine de football (Caf), propriétaire de la compétition, négocie la cession des droits globaux de retransmission radiotélévisée de retransmission télé de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations. De 1992 à 2000, ces droits ont fait l’objet d’un gré à gré entre l’entreprise de Jean-Claude Darmon (actuel SportFive) et la Caf. En 2001, la Caf a cédé les droits globaux de retransmission radiotélévisée des phases finales 2002, 2004, 2006 et 2008 de la Can ainsi que ceux de la Ligue des clubs champions de 2001 à 2008 à la firme SportFive (ancien Jean-Claude Darmon). SportFive les a rétrocédés à l'entité sud-africaine TV Africa (pour toute l'Afrique subsaharienne, à l'exception de l'Afrique du Sud, soit 44 pays), à la chaîne privée à péage ART du milliardaire saoudien Cheikh Salah (pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient), à l'opérateur privé sud-africain M'NET (qui les confia à son tour en sous-licence à la South African Broadcasting Company) et à la BBC. Également diffuseur de la Ligue des champions, TV Africa devait rempiler pour la CAN 2004, mais, le 1er octobre 2003, la société sud-africaine fut mise en liquidation. Avec TV Africa, les télévisions de l’Afrique subsaharienne devraient diffuser les matchs gratuitement contre le respect des plages publicitaires négociées par TV Africa. Mais, pour la Can 2004, suite à la faillite de TV Africa, LC2/groupe AFNEX prend sa place à la suite de la démission de CFI .
Pour pallier la défection de TV Africa, SportFive a conclu, le 22 octobre 2003, un contrat avec LC2, à l’époque associée à la société de télécommunications Arcane, et lui céda, pour 8,5 millions d'euros, les droits de retransmission des éditions 2004, 2006 et 2008 de la CAN, ainsi que ceux de la Ligue des champions pour la même période. LC2 s'engagea à garantir la diffusion dans 44 pays subsahariens. Elle leur revendit les droits sous forme de contrats de sous-licence en « s'octroyant une marge couvrant ses frais et développant ses activités ». Elle proposa un paquet de 32 matchs mais fixa ses tarifs à la fortune - réelle ou supposée - du client (300 millions de F CFA en moyenne). Et s'associa à Canal France International (CFI) pour la diffusion et le transport des images
La particularité de la Can depuis 2006 est que, Christian Enock Lagnidé- homme d’affaire président du groupe LC2 Medias - spécialisée dans la production et la diffusion des i mages par voie hertzienne, le satellite ou internet-,la LC2 TVNET Telecom et la gestion des droits sportifs et d’activités financières à travers LC2 Finance SA. Ayant pris conscience de la bonne affaire qu’il avait sous a main a changé de stratégie de commercialisation.
C’est ainsi que pour rentabiliser son investissement, la société de l'ancien ministre des Sports béninois, Christian Lagnide, a décidé de vendre ses images aux 44 pays africains concernés. Désormais, il faut payer, en plus de la diffusion gratuite de la pub. Mais, les prix doublent d’une édition à une autre. L'ancien diffuseur, le plus souvent, mettait gracieusement ses images à disposition des pays africains - hors Maghreb et Afrique du sud - en échange de simples contrats publicitaires.
Et pour les éditions : 2009 à 2016, l’ensemble des droits marketing et media à été cédé au même groupe(SportFive) pour des montants inavoués ci qui a créé des vives réactions.
Opacités dans les contrats ?
Pour Égypte 2006, Christian Lagnidé informe par courrier, le 14 novembre 2005, les directeurs des radios et télévisions publiques concernées que la « gestion et la commercialisation des droits audiovisuels pour la CAN 2006 et la Ligue des champions 2006 et 2007 sont exclusivement à négocier auprès de Cancaf Limited, dont l'administrateur est le Crédit suisse Trust AG de Genève ». La nouvelle entité est domiciliée au Bahamas Financial Centre, à Nassau. Dans la foulée, Cancaf Ltd transmet son offre, à savoir un package obligatoire qui comprend notamment l'édition 2006 de la CAN (32 matchs, 28 en direct, 4 en différé), 17 magazines de vingt-six minutes chacun (produits par... CFI et inexistant à nos jours), la Ligue des champions 2006 et 2007 (60 matchs au total), et l'octroi d'une prime si tous les matchs sont diffusés et les clauses du contrat respectées.
La date limite de paiement est fixée au 25 novembre et des pénalités de retard sont prévues : 12 % de majoration après le 30 novembre et 15 % après le 30 décembre.
Les tarifs varient : 1 million d’euros (soit environ 655 000 000 CFA) pour la RTI (Côte d'Ivoire) et la CRTV (Cameroun), 500 000 pour la RTS (Sénégal) et la RTDS (Togo), 300 000 pour les autres et... 2 millions de dollars (1000 000 000 CFA) pour le Nigeria.
Les chaînes de tv dénoncent avec véhémence l'attitude de LC2 et de Cancaf Ltd qui, « sans négociation préalable, ont fixé des montants excessifs pour le paiement de droits par ailleurs hors de portée de la plupart des pays francophones ». La CAF ne réagit pas officiellement mais son président Issa Hayatou fait passer un message : « La CAF a vendu au plus offrant (pourtant aucune mise à compétition des ces droits n’a été ressentis ». Elle n'a plus rien à voir avec ce que LC2 fera de ces droits. Elle a agi comme un grossiste qui a vendu au détaillant. Ce dernier, avec l'expertise de son banquier, a fixé le prix de détail. »
Dans un droit de réponse à la Confédération Africaine de football paru dans jeune Afrique n° 2454, FAOUZI MAHJOUB dénonce avec véhémence la gestion centralisée et la commercialisation de droits télévision et publicité par la CAF et son partenaire en l’occurrence SportFive. Acquéreur actuel de toutes les compétions jusqu’en 2016 La Confédération africaine de football aurait négocié les droits des quatre prochaines CAN pour 300 millions d'euros.
Can 2010 : La note la plus salé de l’histoire
« Nous vous rappelons que nous agissons en qualité d’agent pour le compte de LC2-AFNEX, sociétés détentrices des droits mis en vente ci-après, en vue de la commercialisation des droits audiovisuels pour l’Afrique Subsaharienne des compétitions suivantes :
Coupe d’Afrique des Nations 2010 (CAN 2010)…… Le montant du prix d’acquisition des droits audiovisuels des manifestations susmentionnées se monte à EUR 1’500’000. Nous vous rendons attentif au fait que le délai de paiement pour profiter de cette offre est fixé au 15 décembre 2009. ».Tel est le contenu du fax adressé à la pour la TNB le lundi 23 novembre 2009. Le montant est, à la limite, astronomique puisque, de l’avis du directeur commercial et de la clientèle de la RTB, c’est la première fois que les droits d’un évènement sportif atteint ce montant.
Dans une interview accordée par Christian Enock Lagnidé à jeune Afrique n° 2453, il n’est pas passé par quatre chemin pour dire que le jumelage des éliminatoires de la Can 2010 et de la Coupe du monde seront une aubaine sans précèdent pour tout mettre en œuvre pour développer les concours de pronostique, les paris et les loteries sur les différentes compétions.
Des sources fiables, la CAF aurait cédé à SportFive les droits de retransmission audiovisuelle de la CAN 2006 pour 2,5 millions de dollars et la publicité pour 3 millions. Les mêmes montants étaient garantis pour l'édition 2008 (raison pour laquelle les coûts n’ont pas beaucoup changés) puis ,les droits des quatre prochaines CAN pour 300 millions d'euros. Mais, il y a lieu d'ajouter à ces sommes les recettes générées par la vente de la marque « Coupe d'Afrique des Nations » à un sponsor : l'édition 2004 de la CAN s'est ainsi officiellement appelée Nokia African Cup of Nations in Tunisia 2004, et celle de 2006 prend le nom de MTN Africa Cup of Nations Egypt 2006 et la CAN 2010 est déjà prise par Orange. Et depuis 2005 et jusqu'en 2008, la firme de téléphonie sud-africaine MTN a « adopté » la Ligue des champions pour 15 millions de dollars.

Sources : media intelligence
En réalité, c’est ne sont pas les coûts qui font problème, mais la façon de les cédés. Depuis 2004 par le groupe LC2 en est une parfaite illustration. Les chaînes accèdent aux programmes à concurrences des coûts prohibitifs où personne ne peut véritablement balancer ses comptes à la fin de l’opération. D’entrée des jeux les écrans pub du prime time sont occupées par des annonceurs du détenteur de la licence, Les insertions sont négociées dès la base par les diffuseurs officiels (Lc2 pour la Can) et les chaînes sont astreintes aux obligations publicitaires et entre-temps les plages sont inexistantes ou saturées. Alors les chaînes sont obligées de diffuser intégralement les écrans publicitaires sous peines de fortes amendes. Par moment les produits sur lesquels portent ces annonces ne sont même pas présents dans le pays concerné(le cas de Pepsi lors de dernière CAN au Cameroun). Pourtant plein d’annonceurs sur le plan local convoitent le même espace occupé par un absent. Pour preuve, les droits de retransmission du Mondial-2010, TF1 a versé 120 millions d'euros mais en contre partie, elle reçoit les images cleans feeds pour les fructifiés à plusieurs niveaux notamment les droits mobiles, Terrestres avec des diffusions publiques « Fans Parc » etc. .
Nous pensons qu’il est urgent de revenir à des niveaux raisonnables où à la fois les détenteurs de droits et les diffuseurs trouveront chacun leur compte surtout avec la montée de la diffusion privée en Afrique. Ces droits sont considérés comme des outils politiques au Etats africains.
©Rostant Tane :- Competive Bussines Intelligence analyst (médiats, Télécommunications & Finances).Tel: GSM (+237) 77 43 10 13/97 18 33 99.Mailto: rostantane@gmail.com Skype: Rostant Tane Bp: 11115 Yaoundé- Cameroun.CEO Media Intelligence.
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